Faille de sécurité informatique : comment se protéger ?

Clavier d’ordinateur entouré d’une chaîne et d’un cadenas, symbole de la sécurité informatique

Une faille de sécurité informatique, ou vulnérabilité, est un défaut dans un logiciel, un équipement ou une configuration qui permet à un attaquant d’y pénétrer ou d’en prendre le contrôle. Pour vous en protéger, la mesure qui compte le plus est l’application rapide des correctifs de sécurité, en priorité sur les équipements exposés à Internet : passerelle VPN, pare-feu, NAS. Viennent ensuite l’inventaire de vos équipements, la veille sur les alertes du CERT-FR, la double authentification et des sauvegardes hors d’atteinte. Cet article explique ce qu’est une CVE, pourquoi ces équipements sont les plus visés et comment organiser vos mises à jour en PME.

Qu’est-ce qu’une faille de sécurité informatique ?

Une faille peut prendre plusieurs formes :

  • Une erreur de programmation dans un logiciel ou dans le micrologiciel (firmware) d’un équipement, que l’éditeur corrige par une mise à jour.
  • Un défaut de configuration : mot de passe par défaut jamais changé, interface d’administration accessible depuis Internet, bureau à distance ouvert.
  • Un équipement en fin de vie, que son fabricant ne met plus à jour et dont les failles ne seront jamais corrigées.
  • Une faille humaine : un collaborateur qui saisit ses identifiants sur un faux site après un mail d’hameçonnage.

On parle de faille « zero-day » (jour zéro) lorsqu’elle est exploitée par des attaquants avant que l’éditeur ait publié un correctif.

Que signifie « CVE » dans une alerte de sécurité ?

CVE (Common Vulnerabilities and Exposures) est le catalogue mondial des vulnérabilités publiquement divulguées. Chaque faille y reçoit un identifiant unique de la forme CVE-année-numéro, par exemple CVE-2024-55591 pour une vulnérabilité des pare-feu Fortinet. Cet identifiant permet à l’éditeur, à votre prestataire et aux autorités de parler exactement de la même faille.

La gravité est mesurée à part, par le score CVSS, de 0 à 10 : plus il est élevé, plus la faille est dangereuse. Dans son Panorama de la cybermenace 2025, l’ANSSI recommande de prioriser les correctifs selon deux critères : ce score de sévérité et l’importance de l’équipement touché pour votre activité. Elle rappelle aussi que certaines faiblesses d’équipements n’ont pas d’identifiant CVE.

Pourquoi les VPN, pare-feu et NAS sont-ils les plus visés ?

Selon l’ANSSI, l’exploitation de vulnérabilités reste en 2025 l’un des principaux moyens d’intrusion, et les équipements de bordure, ceux qui font la jonction entre votre réseau et Internet, sont des cibles privilégiées. Ils sont accessibles depuis n’importe où, et des robots les recherchent en permanence. Quelques constats tirés du même rapport :

  • En janvier 2025, une faille des passerelles VPN Ivanti Connect Secure était exploitée depuis au moins mi-décembre 2024, avant même la publication du correctif.
  • Une faille Fortinet publiée depuis plusieurs mois a encore servi en 2025 à compromettre une entité française. En signalant cette seule faille aux entités concernées, le CERT-FR a constaté plus de 3 700 interfaces d’administration exposées sur Internet en France.
  • Fin 2025, plus de 6 200 actifs (équipements, serveurs) en France restaient vulnérables aux principales failles exploitées depuis 2023 et 2024.
  • Dans de nombreuses attaques par rançongiciel, l’intrus s’est simplement connecté avec un compte VPN sans double authentification.

La menace ne faiblit pas : le 14 octobre 2026, le CERT-FR a encore publié une alerte sur une vulnérabilité d’Ivanti Connect Secure activement exploitée. Cybermalveillance.gouv.fr cite également les NAS et le bureau à distance (RDP) parmi les systèmes exposés par lesquels commencent les attaques par rançongiciel.

Équipement Pourquoi il est visé Bon réflexe
Passerelle VPN Elle ouvre l’accès au réseau interne Correctifs dès leur publication, double authentification obligatoire
Pare-feu, routeur Il contrôle tous les flux, son interface d’administration est convoitée Micrologiciel à jour, administration jamais exposée sur Internet
NAS Il contient vos fichiers, parfois vos sauvegardes Pas d’accès direct depuis Internet, mises à jour, sauvegarde hors du NAS
Bureau à distance (RDP) Il donne la main sur un poste ou un serveur Jamais ouvert sur Internet, accès via VPN avec double authentification

Comment organiser la gestion des mises à jour en PME ?

Cybermalveillance.gouv.fr consacre une fiche aux bonnes pratiques de mise à jour. Pour une PME, la démarche tient en six étapes :

  1. Faire l’inventaire de vos postes, serveurs, équipements réseau, logiciels et services en ligne : on ne met pas à jour ce qu’on ignore posséder.
  2. Automatiser les mises à jour des postes de travail, des navigateurs et de la suite bureautique.
  3. Prioriser les équipements exposés à Internet et les failles signalées comme activement exploitées : ce sont celles-là qu’il faut corriger dans les jours, voire les heures, qui suivent l’alerte.
  4. Planifier et sécuriser : appliquer les mises à jour en dehors des heures d’activité, après une sauvegarde, et les tester quand c’est possible.
  5. Vérifier que le correctif est réellement appliqué. L’ANSSI cite le cas d’un attaquant qui avait lui-même corrigé les failles exploitées pour que l’équipement paraisse à jour lors des contrôles. Si une faille a pu être exploitée avant la mise à jour, changez aussi les mots de passe et certificats stockés sur l’équipement.
  6. Remplacer ou isoler les matériels et logiciels qui ne reçoivent plus de mises à jour.

Suivre les alertes du CERT-FR

Le CERT-FR, le CERT national et gouvernemental français rattaché à l’ANSSI, publie gratuitement deux types de documents utiles :

  • Les avis de sécurité, publiés en continu, qui signalent les vulnérabilités des produits courants (Microsoft, navigateurs, équipements réseau…) et les moyens de s’en prémunir.
  • Les alertes, réservées aux dangers immédiats.

Un flux RSS permet de les recevoir. Sans service informatique, l’essentiel est que quelqu’un, en interne ou chez votre prestataire, rapproche chaque alerte de vos équipements et agisse sans attendre.

Les autres protections indispensables

Les correctifs ne suffisent pas, car une faille peut être exploitée avant même leur publication. Complétez-les par :

  • La double authentification sur le VPN, la messagerie et tous les accès à distance.
  • Un pare-feu bien configuré, qui n’ouvre que les services nécessaires.
  • Un antivirus ou un EDR sur tous les postes et serveurs.
  • Des mots de passe longs et différents pour chaque service, à commencer par ceux des équipements livrés avec un mot de passe par défaut.
  • Des sauvegardes hors d’atteinte, dont au moins une copie déconnectée (voir l’importance de la sauvegarde de vos données).
  • La sensibilisation de vos collaborateurs, première ligne de défense contre l’hameçonnage.

Si une faille a été exploitée chez vous, isolez l’équipement, prévenez votre prestataire et suivez les réflexes décrits dans notre article qu’est-ce qu’un ransomware, dont la plainte et la notification à la CNIL sous 72 heures si des données personnelles sont concernées.

Chez ITAK IT, nos contrats d’infogérance incluent la maintenance du matériel, les mises à jour critiques, l’antivirus et le pare-feu. Découvrez notre approche de la sécurité des données informatiques.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une faille zero-day ?

Une faille zero-day (ou « jour zéro ») est une vulnérabilité exploitée par des attaquants avant que l’éditeur ait publié un correctif. Aucune mise à jour ne peut alors la boucher : limiter l’exposition sur Internet, imposer la double authentification et surveiller les équipements réduisent le risque en attendant le correctif.

Qu’est-ce qu’un score CVSS ?

Le score CVSS (Common Vulnerability Scoring System) mesure la gravité d’une vulnérabilité sur une échelle de 0 à 10. Il tient compte notamment de la facilité d’exploitation et des conséquences possibles. Un score élevé sur un équipement exposé à Internet impose une correction immédiate.

Un équipement qui n’est plus mis à jour est-il dangereux ?

Oui. Lorsqu’un fabricant cesse de publier des mises à jour, les nouvelles failles découvertes sur l’équipement ne seront jamais corrigées. Il faut le remplacer ou, à défaut, le couper d’Internet et l’isoler du reste du réseau, comme le recommande Cybermalveillance.gouv.fr.

Comment savoir si mon pare-feu ou mon VPN est concerné par une alerte ?

Il faut connaître la marque, le modèle et la version exacte du micrologiciel de chaque équipement, puis les comparer aux « systèmes affectés » listés dans l’avis du CERT-FR ou de l’éditeur. C’est pourquoi un inventaire à jour est indispensable. Votre prestataire informatique peut assurer cette veille pour vous.

En conclusion

Les failles de sécurité sont inévitables : de nouvelles vulnérabilités sont publiées chaque jour. Ce qui fait la différence, c’est la vitesse à laquelle vous les corrigez, en commençant par les équipements exposés à Internet, et les protections qui limitent les dégâts quand une faille est exploitée. Pour faire le point sur vos équipements et vos mises à jour, contactez notre équipe.

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